AUX PAYS DES CONTES ET DES LEGENDES

LEGENDES DE TOUT PAYS, LIVRES MES PASSIONS

posté le 16-06-2011 à 12:16:05

Olivier Levasseur Pirate des mers

Pour rendre hommage à nos illustres prédécesseurs, voici quelques-unes de leurs biographies.


Olivier Le Vasseur (La Buze ou La Bouche)

Né à Calais, le redouté pirate français Olivier Le Vasseur dit "La Buze ou La Bouche" ou encore "La Bous" s'associa très souvent à d'autres pirates afin d'attaquer les navires marchands plus facilement.
Il a débuté en 1716 en compagnie de Benjamin Hornigold puis de Samuel Bellamy. On le retrouve en 1717 au cotés de l'Anglais Hywel Davies aux îles vierges. En 1718, ils croisent aux larges des côtes africaines où ils rencontrent Thomas Cocklyn.
Ensembles, ils continuent leurs progressions et leurs actes de pirateries jusque en mer rouge... Après avoir un temps élu domicile à Mayotte, ils fondent leur camp de base à Sainte Marie.
Pendant ce temps, le capitaine du vaisseau "Cassandra", John Taylor a besoin d'un quelqu'un aux commandes de son de deuxième navire "Victoria". Il enrôle Olivier Le Vasseur.


En avril 1721, à Réunion Island dans l'océan indien, ils attaquent et capturent le navire portugais "Nostra Senhora de Cabo" (la Vierge du Cap) qui reviens de Goa (Colonie portugaise en Inde).
Le butin est phénoménal, plus de 500000 £ de diamants et 375000 £ en trésors d'orients divers... Ils brûlent le vieux navire pirate et rebaptisent "Nostra Senhora de Cabo" en "Victoria".
John Taylor laisse alors le "Victoria" à la Buze et part à Panama où il sera réhabilité. Olivier Le Vasseur quant à lui, retourne à Madagascar, ou peut-être à Réunion Island...

 


A cette époque, les dirigeants des Pays Européens dont le Roi de France érigent une charte de Clémence pour lutter contre la piraterie. La Buze tente d'en profiter en rendant une partie de son trésor, mais il refuse de donner le "Victoria" et butin.
En 1729, il est un paisible pirate retraité, il travaille dans la bais d'Antongil (Madagascar). Il aide un bateau de la Compagnie des Indes à entrer au port, "La méduse" commandée par le Capitaine d'Hermitte...
Olivier Le Vasseur (La Buze ou La Bouche)
Celui-ci le reconnait et l'arrête. Condamné à mort le 7 juillet 1730, La Buze monte sur l'échafaud. Il lance alors à la foule un parchemin crypté en criant "Mes trésors à qui saura comprendre". Mais personne n'a jamais découvert son trésor depuis...

 


Commentaires

 

1. harfang  le 16-06-2011 à 14:08:40  (site)

rhooooo encore un trésor à chercher ! comme si on n'avait pas assez avec celui des Templiers, de l'abbé Saunière et que sais encore ! une vie n'y suffira pas Rire

2. harfang  le 17-06-2011 à 06:55:22  (site)

si j'adore les trésors !
d'ailleurs à propos de pirates je re regarde toutes la série Pirates des caraïbes Clin doeil
bon WE ! mille sabords !

 
 
 
posté le 15-06-2011 à 19:19:56

La Belle et les Pirates

La belle et les pirates 

 

La belle et les pirates

Or donc, ce jour là,

il y a environ 260 ans, un trois-mâts chargé à bloc d'épices Vahiné, de rhum Négrita, de tapioca de Patagonie et de tout un tas de produits surprenants glanés dans les îles, file dans la mer des Caraïbes et s'apprête à tirer un grand bord une fois récupérés les alizés. Il compte arriver dans un mois à Saint-Malo, beau port de mer, où les attendent les armateurs, les familles ou les filles de joie, selon le rang des marins. La vigie fait semblant de surveiller l'océan et débouche discrètement un flacon de ratafia, soit disant pour soigner son mal de mer (soi-disant). Mais au moment où l'homme s'apprête à sombrer dans un profond coma éthylique, son sang ne fait qu'un tour : là devant lui, à bonne distance, se profilent deux voiles voguant de conserve dans sa direction. Le temps de rassembler ses esprits, de reboucher sa boutanche pour ne pas la casser, et de déduire, malgré ses 2,8 g dans le sang, qu'il n'y a peut-être qu'une voile, à bien y regarder, la seconde étant dû aux effets secondaires du roulis et du triple mojito sans menthe, sans glace et sans sucre de canne qu'il vient de s'envoyer derrière la cravate...

 

Son cri « Pirates à l'horizon »

déchire l'air et réveille la chiourme apathique sous le chaud soleil des tropiques, l'état major sous la dunette et les quelques civils embarqués pour l'occasion pour amortir le voyage. La réunion de crise tourne rapidement court, car nos amis, aveuglés par les perspectives d'un bénéfice juteux, ont limité l'armement, qui se compose en tout et pour tout de deux canons hors d'âge et trois pétoires rouillées qui risquent de les blesser plutôt que d'intimider leurs adversaires. Lesquels n'attendent pas la fin des conciliabules pour débouler sous le vent et crochent déjà des grappins sur les flancs du navire marchand.

 

Une fois pris le contrôle du galion,

nos pirates déroulent une technique efficace, mais très particulière, qui consiste à se débarrasser des personnes trouvées à bord en les jetant à la baille et à mettre la main sur les denrées trouvées dans les cales. Cette technique avait été mise au point par leur capitaine, Jack Cogan dit “Tête de fer”, qui avait testé auparavant la formule inverse (jeter les marchandises à l'eau et s'emparer des passagers) lors de ses débuts dans la piraterie, avant de découvrir, dans un éclair de génie, qu'il pouvait largement améliorer la formule, pour son plus grand profit. Fidèles à leurs habitudes, les pirates envoient les malheureux passagers, du chapelain au quartier maître, barboter dans une mer infestée de requins. Et pour faire bonne mesure, on tord le cou au perroquet. Puis le bateau est mis à sac et on commence à déménager le butin. Quand soudain…

 

Voilà-t-y pas que Sam Fletcher, dit “Patte de bois”, remonte de la cale en claudiquant, et en jurant comme trente-six charretiers embourbés. «Capitaine, on a trouvé une porte qui a l'air fermée». «Une surprise ?», répond Tête de fer. «J'adore les surprises!». Il envoie quérir un pied-de-biche et descend quatre à quatre l'escalier de bois, suivi d'un équipage dévoré par la curiosité. La porte tient une quinzaine de secondes sous la pression des hommes surexcités. Et là, même “Tête de fer” n'en croit pas ses yeux. Une femme, que dis-je une femme, une beauté, un canon (c'est de circonstance) aux formes généreuses, qui les reçoit avec des grands sourires entendus et sa gouvernante créole. Laquelle est promptement envoyée rejoindre les baigneurs qui pataugent à quelques encablures.

 

Vous dire dans quel état sont les pirates en apercevant la créature, il n'y a pas de mots.

 

Après un rapide conseil de guerre

, les pirates décident de déroger à leur loi d'airain du débordage systématique et de se payer un peu de bon temps avec la donzelle qui se révèle pas vraiment farouche. Et vas-y que je me laisse papouiller, et que je t'embrasse les borgnes et les édentés les uns après les autres, et que je te satisfasse ces vaillants représentants de la gent masculine jusqu'à plus soif. Et que j'encourage les plus timides (on peut être pirate et avoir quelques inhibitions): «Allez-y, il y en aura pour tout le monde». La nuit étoilée qui tombe sur la mer des Caraïbes résonne des clameurs des anges qui soupirent sur le navire à l'ancre. La lune se lève lentement et éclaire le spectacle, ajoutant un soupçon de romantisme à une scène qui en manque singulièrement : le pirate en rut reste foncièrement une brute.

 

Tout à coup, “Tête de Fer”

qui se reposait cinq minutes tout en regardant ses chiens galeux s'échiner, avale de travers sa goulée de tafia et pousse un juron malpoli. Il vient d'apercevoir un drôle de squame sur la peau de la belle. Il se lève, écarte son équipage, approche un flambeau du corps frémissant de désir et découvre avec horreur des lésions cutanées inquiétantes. Même un esprit embrumé comme le sien est capable de reconnaître la lèpre, pour avoir bourlingué sur les sept mers et être passé au travers des épidémies les plus pittoresques.

 

Les pirates prennent conscience

avec consternation des raisons de l'isolement de la dame. Laquelle ne fait rien pour compatir à leur légitime douleur et éclate au contraire d'un rire dément qui achève de les glacer sur place. Ils ont beau la faire taire à coup de mousquets, le cœur n'y est plus. La perspective de mourir à petit feu sur un ilôt près de la Désirade où l'on abandonne les lépreux, n'est pas pour rien dans la désolation qui les saisit.

 


Commentaires

 

1. harfang  le 16-06-2011 à 14:07:24  (site)

quelle drôle d'histoire ! je ne sais s'il faut les plaindre ou les maudire !

2. Dilettante  le 18-06-2011 à 11:05:37  (site)

Comme quoi, on peut être belle à faire se damner tout un équipage , on peut porter en soi une tare meurtrière pour qui s'approche. Bien fait pour les corsaires en rut !

 
 
 
posté le 19-05-2011 à 20:12:24

*Extrait Du Journal De Fëydht Raütha De Llorkh*

 

 

Bonsoir

Les images viennent de l'extrait du journal de Fëydht Raütha de Llork

 

*Extrait Du Journal De Fëydht Raütha De Llork

Pendants des semaines et des semaines j’utilisai principalement ma maîtrise magique dans le seul but de parfaire mon entraînement aux armes. Des sortilèges des plus utiles tel que armure de mage, l’arme de feu ou encore l’arme magique suprême furent utilisée tout au long de mon entraînement physique contre les hobgobelins de la route de mirabar. Qu’orcus m’entendent je suis une de ses filles sur ce plan d’existence. Sanguinaire et sans pitié, à son image, je ferait tordre les entrailles des âme pures, je l’ai juré. Je scellerais un pacte avec la succube de mes nuits, telle qu’elle l’a toujours voulu, je le sais à présent. Depuis mon enfance elle me harcèle dans ce seul but. J’abandonne ma magie bardique pour toi, zureena, tu à eu enfin ce que tu voulais et je te dédie ce dernier poème, mon ultime chant magique qui signera la fin de ma jeunesse.

 

Un souffle de bruine caresse mon cœur,
et murmure à mon âme les mots qui te chantent.
Le bruissement des armes, une fleur de sang,
Tes maléfices envahissent mes rêves...
Zureena, Succube de mes nuits,
Je t'ai tissé de noirceur mon nom secret,
Je voudrais te clamer comme personne ne l'a fait !
Zureena surgissant des ténèbres,
J'ai ramassé pour toi des crânes innombrables,
et les abysses ont vomit une perle de flamme.
Zureena, mon souffle de vie,
J'ai conçu mon nom comme un bijou précieux
pour orner les pans de ton manteau de nuit

 


Commentaires

 

1. harfang  le 23-05-2011 à 13:37:40  (site)

je ne connais pas du tout... c'est un jeu ?
les images font tout à fait jeu vidéo...
bises du jour

2. harfang  le 26-05-2011 à 11:45:30  (site)

tu vas ?
bisous

3. harfang  le 30-05-2011 à 08:04:06  (site)

bon début de semaine avec des bisous en prime !

4. harfang  le 01-06-2011 à 10:27:00  (site)

je pars en WE alors silence radio pendant plusieurs jours... des bises en attendant Clin doeil

5. harfang  le 06-06-2011 à 11:49:21  (site)

coucou, as-tu passé un bon WE ?
j'arrive avec la pluie... désolée Clin doeil

6. harfang  le 08-06-2011 à 11:26:42  (site)

bises avec un rayon de soleil qui pointe son nez

7. harfang  le 14-06-2011 à 09:48:00  (site)

c'est toujours moi Clin doeil
je ne désespère pas de voir un autre article ! na !

 
 
 
posté le 08-05-2011 à 00:16:01

La légende d'Emma de Normandie - Reine au temps des Vikings (v. 987-1052)

 

 La légende d'Emma

reine au temps des Vikings

 

La légende d'Emma...

Avec le fruit de ses ressources, la seigneurie d'Hayling va rapporter à Jumièges quelque 1.100 écus d'or chaque année. Juteux. Tellement juteux que les moines de la cathédrale de Winchester ne veut pas lâcher le morceau. Ils tiennent Hayling d'un don de la reine Emma de Normandie, en 1049. Jolie légende...



Mère du roi d'Angleterre, Édouard le Confesseur, Emma de Normandie est accusée vers 1045 de sympathies charnelles pour Alwyn, l'évêque de Winchester. Pour prouver son innocence, Emma s'exposa alors à l'épreuve du feu. Les yeux bandés, il lui fallut marcher sur un parcours où l'on avait disposé de façon aléatoire neuf socs de charrue rougis au feu. Elle sortit indemne de ces embûches et offrit à Winchester autant de seigneuries que de socs de charrues franchies. Hayling était du nombre. Pourquoi ? Pour triompher, Emma avait imploré Swithun, le saint patron de la cathédrale de Winchester. Elle remercia ainsi ses serviteurs.

 


Dans cette anecdote douteuse, on voit un premier lien avec Jumièges. Un ancien abbé de Jumièges, Robert Champart, promu depuis archevêque de Cantorbéry, passa pour l'accusateur principal d'Emma. Alors, quand le roi se jette aux pieds de sa mère pour implorer son pardon, Champart se bat la coulpe. Il quitte l'Angleterre, va se repentir à Rome et se retire à Jumièges. Là, les chroniqueurs de l'abbaye auront une version de l'affaire qui lave Champart de ces accusations. C'est un certain Godwin qui le fit passer pour calomniateur. Le peuple le crut. Et Champart quitta bien l'Angleterre. Mais le roi découvrit la vérité et rappela Champart de Jumièges. On courut au devant de lui. Ce fut une grande fête à laquelle prenaient part Emma et son prétendu amant. Après quoi, Champart saisit la crosse épiscopale de Londres.

Si l'anecdote des socs de charrues est douteuse, le don d'Emma l'est encore plus.
Il est dit tantôt qu'elle reprit la moitié de la seigneurie d'Hayling. Tantôt qu'elle la donna à Winchester. Dans les deux cas de figure, elle accorda l'autre partie du domaine à un moine, Wulfweard le Blanc, dit encore Ulward. Pourquoi ? Mystère. Mais il fut entendu qu'à la mort d'Ulward, il serait enterré ici. Après quoi, sa part reviendrait au prieuré qui la cultivait déjà pour lui. Ces dispositions sont contenues dans le cartulaire de l'église Saint- Swithun. Ulward mourut sous Guillaume le Conquérant. Mais ce dernier donna sa portion à Jumièges. Protestation de Winchester. Le roi aurait fini par reconnaître le présent d'Emma. Seulement, Jumièges ne renonça pas pour autant à son cadeau royal. De cet imbroglio, on retiendra simplement que Winchester allait disputer encore longtemps à Jumièges le prieuré d'Hayling.

 

 


Commentaires

 

1. harfang  le 09-05-2011 à 13:42:47  (site)

je ne connaissais pas cette histoire mais en revanche je suis allée visiter Jumièges deux fois déjà. C'est un magnifique site à voir si on se promène en Seine-Maritime.
Bisous d'un lundi d'été... pourvu que ça dure !

2. harfang  le 10-05-2011 à 09:06:42  (site)

bises en passant Sourire

3. harfang  le 18-05-2011 à 11:26:00  (site)

coucou je suis revenue de vacances !
Je te fais des bisous !

 
 
 
posté le 06-05-2011 à 14:44:32

Les Souliers de Bal Usés

Le roi avait douze filles, plus belles les unes que les autres. Elles dormaient ensemble dans une vaste pièce, leurs lits étaient alignés côte à côte, et chaque soir, dès qu'elles étaient couchées, le roi refermait la porte et poussait le verrou. Or, le roi constatait tous les matins, après avoir ouvert la porte, que les princesses avaient des souliers usés par la danse. Personne n'était capable d'élucider le mystère. Le roi proclama alors que celui qui trouverait où dansaient les princesses toutes les nuits, pourrait choisir une de ses filles pour épouse et deviendrait roi après sa mort. Mais le prétendant qui, au bout de trois jours et trois nuits, n'aurait rien découvert, aurait la tête coupée.
Bientôt, un prince, voulant tenter sa chance, se présenta. il fut très bien accueilli, et le soir on l'accompagna dans la chambre contiguë à la chambre à coucher des filles royales. On lui prépara son lit et le prince n'avait plus qu'à surveiller les filles pour découvrir où elles allaient danser ; et pour qu'elles ne puissent rien faire en cachette, la porte de la chambre à coucher resta ouverte.
Mais les paupières du prince s'alourdirent tout à coup et il s'endormit. Lorsqu'il se réveilla le matin, il ne put que constater que les princesses avaient été au bal et avaient dansé toutes les douze : leurs souliers rangés sous leurs lits étaient complètement usés. Les deuxième et troisième soirs il n'en fut pas autrement et le lendemain, le prince eut la tête coupée.
Par la suite, de nombreux garçons encore avaient visité le palais, mais tous payèrent leur courage de leur vie. Puis, un jour, un soldat pauvre et blessé qui ne pouvait plus servir dans l'armée, marcha vers la ville où siégeait le roi. Sur son chemin, il rencontra une vieille femme qui lui demanda où il allait.
- Je ne sais pas bien moi-même, répondit le soldat, et il ajouta en plaisantant :J'aurais bien envie de découvrir où toutes ces princesses dansent toutes les nuits !
- Ce n'est pas si difficile, dit la vieille femme, il faudrait que tu ne boives pas le vin qu'ils vont te servir et que tu fasses semblant de dormir d'un sommeil de plomb.
Puis, elle lui tendit une cape en disant :
- Si tu mets cette cape, tu deviendras invisible et tu pourras ainsi épier les douze danseuses.
Fort de ces bons conseils, le soldat se mit sérieusement à envisager d'aller au palais. Il prit son courage à deux mains, se présenta devant le roi et se déclara prêt à relever le défi. Il fut accueilli avec autant de soins que ses prédécesseurs et fut même revêtu d'un habit princier. Le soir venu, tout le monde se prépara à aller se coucher et le soldat fut amené dans l'antichambre des filles royales. Avant qu'il ne se couche, la princesse aînée entra, lui apportant une coupe de vin. Or, le soldat avait auparavant attaché sous son menton un petit tuyau ; il laissa le vin couler à l'intérieur et n'en avala donc pas une goutte. Il se coucha, puis il attendit un peu avant de se mettre à ronfler comme s'il dormait profondément.
Dès que les princesses l'entendirent, elles se mirent à rire et l'aînée dit :
- Quel dommage de risquer sa vie ainsi !
Elles se levèrent, ouvrirent les armoires, en sortirent des robes superbes et commencèrent à se faire belles devant la glace ; elles sautillaient, se réjouissant par avance de la soirée qui les attendait. Mais la plus jeune s'inquiéta :
- Vous vous réjouissez, mais moi j'ai comme un pressentiment. Un malheur nous attend.
- Ne sois pas bête, dit l'aînée, balayant ses soucis, tu es toujours inquiète. As-tu déjà oublié combien de princes nous ont déjà surveillées en vain ? Et le soldat à côté n'a même pas eu besoin de la potion pour s'endormir. Ce pauvre bougre ne se réveillera pas quoiqu'il arrive.
Néanmoins, lorsque les douze princesses eurent fini de s'habiller, elles allèrent jeter un coup d'œil sur le soldat. Il avait les yeux fermés, respirait régulièrement et ne bougeait pas ; elles en conclurent qu'il n'y avait n'en à craindre. L'aînée s'approcha de son lit et frappa. Le lit s'effaça aussitôt pour laisser place à un escalier qui s'enfonçait sous la terre et les sœurs descendirent par ce passage. L'aînée ouvrait la marche, les autres la suivaient, l'une après l'autre. Le soldat avait tout vu et n'hésita pas longtemps : il jeta la cape sur ses épaules et se mit à descendre derrière la benjamine. Au milieu de l'escalier, il marcha un peu sur sa jupe ; la princesse eut peur et s'écria :
- Qu'est-ce que c'est ? Qui est-ce qui tient ma robe ?
- Que tu es bête ! la fit taire l'aînée, tu as dû juste t'accrocher à un clou.
Elles descendirent tout en bas pour se retrouver dans une allée merveilleuse. Les feuilles des arbres y étaient en argent, elles brillaient et scintillaient.
- Il faut que je garde une preuve, décida le soldat.
Il cassa une petite branche, mais l'arbre craqua très fort.
- Il se passe quelque chose s'écria, anxieuse, la plus jeune princesse. Avez-vous entendu ce bruit ?
Mais l'aînée la calma :
- Ce sont des coups de canon. Nos princes se réjouissent que nous allions bientôt les délivrer.
Elles avancèrent dans une autre allée où les feuilles étaient en or, et finalement elles entrèrent dans une allée où sur les arbres de vrais diamants étincelaient. Le soldat arracha une petite branche dans l'allée d'or et dans celle aux diamants et à chaque fois un craquement retentit. La plus jeune des princesses avait peur et sursautait à chaque fois ; mais l'aînée persistait à dire qu'il s'agissait bien des coups de canon en leur honneur.
Elles continuèrent leur chemin lorsqu'elles arrivèrent à un lac ; près de la rive voguaient douze barques et dans chacune d'elles se tenait un très beau prince. Les douze princes attendaient leurs douze princesses. Chacun en prit une dans sa barque. Le soldat s'assit près de la plus jeune.
- Je ne comprends pas, s'étonna le prince, la barque me semble aujourd'hui plus lourde que d'habitude. je dois ramer de toutes mes forces pour avancer.
- Ça doit être la chaleur ou l'orage, estima la petite princesse, je me sens moi aussi toute moite.
Sur l'autre rive brillait un palais magnifique, tout illuminé, et une musique très gaie s'en échappait. Le roulement des tambours et le son des trompettes résonnaient à la surface de l'eau. Les princes et les princesses accostèrent et entrèrent dans le palais, puis chaque prince invita la princesse de son choix à danser. Le soldat, toujours invisible, dansa avec eux, et chaque fois qu'une princesse prenait une coupe dans la main, il buvait le vin qu'elle contenait avant que la princesse ne pût approcher la coupe de ses lèvres. La plus jeune princesse en était toute retournée mais l'aînée était toujours là pour la rassurer.
Ils dansèrent toute la nuit, jusqu'à trois heures du matin ; à ce moment les semelles des souliers des princesses étaient déjà usées et elles durent s'arrêter. Les princes les ramenèrent sur l'autre rive, le soldat s'étant cette fois-ci assis à côté de l'aînée. Les princesses firent leurs adieux aux princes et promirent de revenir. Le soldat les devança en montant les marches, sauta dans son lit et lorsque les douze princesses fatiguées arrivèrent en haut à petits pas, dans la chambre un ronflement très fort résonnait déjà.
Les princesses l'ayant entendu, se dirent :
- Avec celui-là, il n'y a rien à craindre.
Et elles se déshabillèrent, rangèrent leurs belles robes dans les armoires, leurs souliers usés sous les lits et elles se couchèrent.
Le lendemain matin, le soldat décida de ne rien dire. Il avait envie d'aller au moins une fois encore avec elles pour être témoin de leurs étonnantes réjouissances. Il suivit donc les princesses la deuxième et la troisième nuit et tout se passa exactement comme la première fois ; les princesses dansèrent jusqu'à ce que leurs souliers soient usés jusqu'à la corde. La troisième nuit, le soldat emporta une coupe comme preuve.
Vint l'instant où le soldat dut donner la réponse au roi. Il mit dans sa poche les trois petites branches ainsi que la coupe, et il se présenta devant le trône. Les douze princesses se tenaient derrière la porte pour écouter ce qu'il allait dire.
Le roi demanda d'emblée :


- Où mes douze filles dansent-elles pour user tant leurs souliers ?
- Dans un palais qui est sous terre, répondit le soldat. Elles y dansent avec douze princes.
Et il se mit à raconter comment tout cela se passait ; et il montra les preuves. Le roi appela ses filles et leur demanda si le soldat avait dit la vérité. Les princesses, voyant que leur secret était découvert et qu'il ne servait à rien de nier, durent, bon gré mal gré, reconnaître les faits.
Lorsqu'elles avouèrent, le roi demanda au soldat laquelle des douze princesses il souhaitait épouser.
- Je ne suis plus un jeune homme, dit le soldat, donnez-moi votre fille aînée.
Les noces eurent lieu le jour même et le roi promit au soldat qu'après sa mort il deviendrait roi. Et les princes sous la terre furent à nouveau ensorcelés jusqu'à ce que se soient écoulées autant de nuits qu'ils en avaient passé à danser avec les princesses.

 

 


Commentaires

 

1. harfang  le 09-05-2011 à 13:44:20  (site)

belle hitoire Sourire je ne la connaissais pas du tout !

 
 
 
 

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